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  • Chroniques de disques jazz

    Disque de Jean-Philippe Viret : L'indicible (Minium)

    jazz.JPGJ'avais découvert le trio du contrebassiste Jean-Philippe Viret en première partie du quartet de Wayne Shorter en 2003 au Parc Floral. Séduction immédiate pour cet alliage de swing entraînant et d'éléments plus abstraits. Après deux albums chez Sketch, le revoici sur Minium en compagnie des fidèles Edouard Ferlet au piano et Antoine Banville à la batterie. On retrouve le goût du leader - et du pianiste qui signe un certain nombre des titres de l'album - pour des architectures complexes qui n'en oublient néanmoins pas d'être expressives en matière de sentiments pour l'auditeur. 

    Disque de Jimmy Giuffre : Western Suite (Atlantic)

    Pas vraiment la plus récente des nouveautés, puisque ce disque a été enregistré en 1958. Et pourtant, quelle modernité ! L'instrumentation originale (clarinette et sax de Giuffre, trombone de Bob Brookmeyer et guitare de Jim Hall) permet au trio d'esquisser un jazz de chambre aux confins de diverses influences - du bop au third stream en passant par le cool - pour inventer un langage qui encore aujourd'hui apparaît comme un des développements les plus aventureux du jazz moderne. Jimmy Giuffre : Western Suite

    J'avais acheté ce disque suite au concert de Mop en hommage à Giuffre en février dernier. Qu'il en soit ici remercié ! Prochaine étape, la réédition ECM du trio Giuffre-Bley-Swallow.

  • Hamid Drake, discographie

    Suite au concert de Hamid Drake et Michael Zerang jeudi soir, je me suis replongé dans ma discothèque pour voir sur quels disques intervenait Hamid Drake. J'en ai sélectionné quatre, qui reflètent bien son talent et la diversité des terres musicales qu'il aborde.

    Pharoah Sanders, Hamid Drake, Adam Rudolph : Spirits, Meta Records, 2000
    Peut-être le meilleur disque de Pharoah Sanders depuis ses années Impulse!. Accompagné de deux percussionnistes de très haut vol, le saxophoniste renoue avec son lyrisme free exacerbé sur fond de percussions afro-indiennes, bien loin du clinquant "electro-world" un peu insupportable de ses productions précédentes. Ici tout est organique. La richesse incroyable des rythmes proposés par Hamid Drake et Adam Rudolph est un tapis soyeux sur lequel Sanders prend de splendides solos, très inspirés (mystiques diront certains). Les esprits de Coltrane et Don Cherry planent sur ce bien beau disque.

    Gigi, Palm Pictures, 2001
    Gigi est une chanteuse éthiopienne. Sur ce premier disque, elle propose un étonnant - mais très réussi - mélange de musique éthiopienne et de jazz, funk et dub. Il faut dire que le disque est produit par Bill Laswell, grand mixeur et remixeur de genres. Je n'aime pas toujours le résultat de ses grands ragouts musicaux, mais ici c'est vraiment très bon. Les musiciens présents sur le disque n'y sont pas pour rien. On y retrouve en effet Herbie Hancock, Wayne Shorter, Pharoah Sanders, Henry Threadgill, Karsh Kale, Graham Haynes, Amina Claudine Myers et bien sûr Hamid Drake. Excusez du peu !